Sensitive skin

Sensitive Skin est une installation pluridisciplinaire qui fait dialoguer sculptures, photographie et céramiques au sein d’un même espace. Ce projet propose une réflexion sur le rapport entre le corps et son environnement urbain, en interrogeant plus particulièrement l’espace public comme lieu d’expérience, de tension et de projection.

À travers cette recherche, j’envisage l’environnement urbain comme un territoire actif, susceptible d’être investi, transformé et réinterprété. Le corps y évolue comme un élément sensible, à la fois vulnérable et capable d’action. Par le prisme de la matière et de l’objet, j’explore la possibilité d’un espace public envisagé comme un terrain de jeu créatif : un lieu où l’imaginaire, le geste et la subjectivité peuvent produire de nouvelles formes de présence.

Le projet s’articule autour de plusieurs questions : quel impact pouvons-nous avoir sur l’extérieur ? Comment se construit le dialogue entre notre for intérieur et ce qui nous entoure ? De quelle manière l’environnement urbain façonne-t-il nos corps, nos comportements et nos perceptions ?

J’aborde l’espace public à partir d’une approche sensible et incarnée. Ma démarche s’ancre dans l’observation, l’errance et la collecte. Des rebuts, récupérés sur des chantiers ou dans la rue après une utilisation souvent éphémère, sont intégrés à l’installation et mis en relation avec des œuvres longuement travaillées, réalisées à la main sur plusieurs mois. Cette confrontation matérialise la rencontre de différentes temporalités : celle, rapide et fonctionnelle, de l’effervescence urbaine et industrielle ; et celle, plus lente, introspective et attentive, du travail artisanal et du corps créateur.

La mise en tension des matériaux constitue un axe central du projet. La fragilité de la peau réelle ou suggérée se confronte à la rugosité du béton, à la froideur du métal rouillé, à la dureté des surfaces industrielles. Ce contraste formel et tactile questionne notre place dans la ville et, plus spécifiquement, celle des femmes. L’espace public est-il pensé pour leur sécurité, leur liberté de mouvement et leur épanouissement ? Ou demeure-t-il un territoire encore largement structuré par des logiques de domination et d’exclusion ?

L’assemblage de matériaux bruts et industriels avec des matières plus précieuses, comme le platine qui recouvre l’œuvre Totem vivant, introduit une dimension de soin et de réparation symbolique. Le geste de recouvrement, protecteur et lumineux, suggère la possibilité d’un environnement plus accueillant, plus désirable, davantage ajusté aux besoins du vivant. Il traduit un désir de réconciliation entre le corps et la ville, entre la vulnérabilité et la résistance.

Sensitive Skin s’inscrit ainsi dans une démarche artistique fondée sur l’expérience sensible, l’attention au contexte et la transformation des matériaux. Le projet met en évidence un besoin de reconnexion du corps à son environnement. Il propose d’envisager l’espace public non seulement comme un lieu de circulation et de contrainte, mais comme un espace potentiel de douceur, de soin et de réappropriation.

De gauche à droite : 

 

À corps perdu, 2026  150x100x30cm

Grillage de chantier, masque en latex, santiage en grès.

La mémoire, 2026  180x60x10cm

Sctructure en métal, tissage chanvre et chambres à air de vélo.

Skin, 2025  60x25x15cm

Empreinte d’un dos coulé en plâtre.

Victoire déchue, 2025  23x16x15cm

Céramique en grès, biscuit.

Totem vivant, 2025  150x25x25cm

Céramques émaillées, platine et béton.

Respiration, 2024  60x60x50cm

Céramique, métal cuit à haute température, sable.

Sensitive skin 01, 2025  40x30cm

Photographie numérique imprimée sur papier d’art.

Enchaînée, 2026  90x60x25cm

Parpaing en béton, chaîne en métal, mousse. 

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